Claude Rivière, le peintre de la lumière

Claude Rivière, le peintre de la lumière

Claude Rivière est graphiste de profession et peintre par passion. Son penchant pour une poésie géométrique des formes se répercute magiquement dans sa peinture, une peinture pleine de couleurs, de graphisme lumineux et de sens voluptueux… Entretien avec ce peintre rennais qui expose actuellement en Bourgogne.

Quel est ton parcours artistique ?

Ce fut un véritable orage en 2000 lorsque j’ai découvert la peinture. Par fulgurance, je suis rentré dans un magasin de beaux-arts et suis ressorti avec des pastels à huile. C’est devenu une forme d’écriture. Et les choses ne se sont plus arrêtées… Il en a naturellement découlé ma première expo à la Mie Mobile.

Comment définirais-tu ton travail ?

J’ai d’abord peint sur papier avec des techniques mixtes. Puis je suis passé sur la toile il y a 7 ans. Mon travail est assez moléculaire. Il concerne l’espace, l’humain. J’essaie de faire transparaître des émotions. Je ne suis pas spirituel mais d’une certaine façon je travaille sur la lumière et le noir. Il y a un côté psyché qui suggère beaucoup de choses. Mais je me considère uniquement comme un « passeur » à la manière des vitraux qui laissent filtrer la lumière. Certains dénomment ma peinture comme de la figuration libre, d’autres comme aborigène.

Tu es entouré de sculptures ?

Je travaille la terre depuis quelques années. Et ma compagne, Rachel Launay Painchaud, est sculptrice. Depuis 2 ans nous travaillons en résonnance : elle sculpte une œuvre et moi je la peins sur toile.

As-tu des artistes auxquels tu te réfères ?

Je suis un picoreur d’expo. J’aime bien Soulages, Modigliani, Schiele, Klimt.

Et la vie culturelle rennaise ?

Je suis un inconditionnel de l’UBU, de l’Antipode. Mais j’ai l’impression que tout est parti à Nantes, que Rennes n’a pas bénéficié du même feu d’artifice culturel. Et la ville est en train de s’embourgeoiser avec la fermeture de lieux de concert… Côté expos, ce n’est pas phénoménal, et il y a les marchands. Comme en musique ou en littérature, ils ne donnent pas assez la chance aux débutants… Reste que la vie culturelle rennaise demeure intéressante.

Que penses-tu de l’expo Pinault ?

Pinault ou Leclerc c’est du pareil au même. Je préfère les petits réseaux d’entraide artistique ou économique qui pullulent dans la région.

Quels sont tes projets actuels ?

J’expose actuellement dans la galerie d’Art et d’Or à Châtillon-sur-Seine en Bourgogne. Une autre forme de résonnance s’est invitée chez moi : la poésie. Des poètes s’intéressent à mon travail, dont Michel Lagrange qui a écrit pour Pierre Soulages et Jean-Pierre Jolif qui signe JiPéJi.

interview par Dragan et etiou

Lélé « sur la planète des singes »

Lélé « sur la planète des singes »

Lélé est un passionné des friches industrielles abandonnées où il peut s’adonner librement à sa passion viscérale qu’est la peinture. Il fait revivre des murs décatis sur lesquels il peint magistralement des faciès de singes. Entretien avec cet aventurier d’une peinture expressive animalière.

Quel est ton parcours ?

Je dessine depuis tout petit, dès mon plus jeune âge j’ai pris des cours de dessin. Après le BAC, j’ai intégré une formation de peintre décorateur, l’école d’arts appliqués Pivaut à Nantes. Puis j’ai commencé à peindre sur toile.

Le singe est ton thème de prédilection, explique-nous ?

Après mes études, je suis parti plusieurs années en Amérique du sud. C’est là que l’incroyable s’est produit. En France, j’avais peint une toile avec un singe blanc dessus, quelques mois après je suis devenu barman dans un bar au Pérou qui s’appelait le Singe Blanc. C’était cousu de fil blanc. J’ai alors commencé à m’intéresser à nos ancêtres les primates et j’ai fait évoluer ces macaques au gré de mes humeurs. Cela reste un bon moyen de faire passer des émotions humaines à travers un animal. Et, au fond, peindre des singes pour moi, c’est comme une « thérapie ». Par dérision, je dirai que c’est de l’autoportrait.

Es-tu inspiré par des grands artistes ou des mouvements picturaux ?

Bien sûr, j’apprécie par-dessus tout la peinture italienne de la Renaissance : Le Caravage, Michel-Ange, la technique du clair-obscur. J’aime aussi Rembrandt, etc. J’ai beaucoup aussi été inspiré par la TV, les dessins animés des années 90 ainsi que par les BD. Fluide glacial pour n’en citer qu’une.

Quand est-ce que tu t’es mis à peindre dans la rue ?

Je suis passé de la toile aux murs défraîchis il y a environ deux ans. Depuis, je ne peux plus m’en passer. Je découvre les joies de la bombe mais continue à peindre dans la rue au pinceau. Le plaisir du mur est tellement différent par rapport à une toile en coton, aussi bien pour la taille que pour le rendu final. J’ai pris goût aux grands espaces et j’ai du mal à me retrouver limité dans la surface d’une toile.

Tu peins toujours sur toile ?

Oui, je vais recommencer à m’enfermer dans mon atelier aux beaux jours afin de produire un peu.

art2rennes - Etiou

Dessin d’Etiou

Apprécies-tu des artistes particuliers à Rennes ?

Oui, mes collègues de la rue : Artkor Bagdad pour commencer. Chez lui, ce qui est agréable, c’est que sa peinture sort de ses tripes. Sa technique est innée, son geste est intuitif et le résultat reste bluffant. J’adore aussi le monde graphique de gars comme DinoVoodoo ou Poch. Je ne pourrai pas non plus oublier mon ami DeuxBen de Rennes avec qui j’apprécie collaborer et mélanger nos univers artistiques. J’affectionne de plus la technicité remarquable d’artiste comme Aero, Mya ou encore Fortunes.

Que penses-tu de ta ville ?

J’ai grandi ici avant d’aller en Amérique du sud. J’adore l’ambiance qui y réside. Le mouvement artistique qui existe à Rennes est intéressant et donne une vie à nos murs. Et puis la région rennaise offre de beaux endroits pour peindre (les friches industrielles, les lieux alternatifs, etc).

As-tu des projets ?

Oui, j’ai découvert les joies du dermographe il y a peu et commence tout doucement à piquer les copains. Je souhaite ouvrir au maximum mon panel de production et compte m’essayer à la peinture à l’huile au plus vite. Je travaille aussi sur ma marque de fringue.


Auteur de l’article : Dragan Brkic

Entretien avec « Dans les pinceaux d’Émilie »

Entretien avec « Dans les pinceaux d’Émilie »

Comment s’est construite ta passion pour la peinture ?

Tout simplement suite à une rencontre il y a 4 ans avec une peintre. Car, auparavant, je ne m’intéressais pas vraiment à la peinture. Et d’un coup, ce fut comme un coup de foudre ! Bien sûr, au début, je faisais des croûtes. Mais j’ai vite progressé. Et je me suis cultivée sur le sujet : j’ai régulièrement été à Paris pour faire des expos, et je continue d’ailleurs toujours à y aller deux fois par an. Et un jour une amie m’a conseillé de montrer mon travail. J’ai ainsi fait ma première expo il y a trois ans et demi. Mon travail a évolué après. Je me suis perfectionné, j’ai pris de l’assurance. Pour résumer, c’est parti avec quelque chose qui me faisait du bien, et c’est devenu vital, viscéral. Désormais, quand je ne peins pas, je ne me sens pas bien.


Quelle est ta méthode de travail ?

Elle est assez basique. Je travaille à partir de photos. Mon support est la toile. Et je peins avec de l’acrylique que j’utilise brute, non diluée. Je la pose au couteau en ce moment. Mais je me sers aussi de pinceaux. Parfois, je rajoute aussi des feuilles d’or et du collage.


Ton travail actuel s’articule autour du visage féminin, peux-tu nous expliquer cette démarche ?

J’ai toujours eu de l’admiration pour toutes les femmes ! Elles sont fortes et sensibles. Quand j’étais petite, j’aimais bien le maquillage. En quelque sorte, c’est resté. Maintenant, c’est comme si je maquillais mes toiles. Il n’en demeure pas moins que mon travail a évolué : je n’ai pas les mêmes techniques qu’avant. Et je peux peindre aussi autre chose. Ce qui est formidable dans la peinture, c’est l’infinité des possibles. Je n’irai pourtant pas jusqu’à peindre des paysages. Mon sujet, c’est l’être l’humain. Dans l’absolu, je serai une portraitriste coloriste.

Es-tu inspirée par un peintre particulier, par un mouvement pictural ?

Je fais tout simplement de l’art figuratif car, comme je l’ai dit, il me faut absolument de l’humain. Sinon, ce que j’apprécie par-dessus tout, c’est le street-art. D’abord parce ce que c’est coloré. Et la couleur j’aime ça. Après, il y l’incontournable Monet. Chez lui, c’est la sérénité qui m’inspire. Ensuite, il y a des peintres contemporains : Julien Durix, Françoise Nielly, Jimmy Law, Raphaël Laventure. Et chez les street-artistes, j’aime bien Jo Di Bona, Tarek et Basto.


Est-ce que Rennes t’inspire ?

Évidemment ! C’est ma ville de cœur ! J’adore m’y balader. Par exemple de la Place de Bretagne jusqu’à la route de Lorient par les berges. J’aime déambuler au thabor, et même à la Cathédrale que je trouve majestueuse ! Bref, je me sens bien ici, du coup ça m’inspire. Et puis il y a les amis…


Que penses-tu de la place des arts picturaux dans la Ville de Rennes ?

Comme je l’ai dit, j’aime principalement le street-art à Rennes. Pour moi la peinture doit être partagé, accessible à tous, visible pour tous. Et le street remplit ses fonctions. Concernant les lieux d’exposition, je trouve qu’on y gagnerait à ce qu’ils soient mieux répertoriés. C’est dommage d’ailleurs que dans l’esprit des gens ce soit toujours les mêmes structures qui reviennent : le musée des Beaux-Arts, la Frac ou la Criée. Moi, la Criée je ne connaissais pas. Je viens de découvrir cet endroit il y a peu avec une amie…

Que penses-tu de l’art contemporain ?

Pour que l’art contemporain soit compris, c’est bien qu’il y ait quelqu’un pour expliquer la démarche à côté. Bon an mal an, c’est le musée des Beaux-Arts qui attire du monde. Mais à côté il y a une multitude d’artistes méconnus qui font vivre la cité. Avant, je ne les connaissais pas, mais à partir du moment où je m’y suis intéressée, j’ai découvert ses artistes magnifiques.


Quels sont tes projets artistiques ?

Je vais passer au format 1 m 62 / 1 m 30. Ma prochaine expo se déroulera à La fontaine aux perles à Rennes en février. Puis au 18 Quai à Rennes, une expo avec mon amie Claire Guyomard en mai. Je continue sur les portraits, mais je vais peut-être élargir mon panel en passant au visage masculin.


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Entretien réalisé par Dragan

Dessin réalisé par Etiou