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Aéro est bien connu des amoureux du street-art rennais. Il a laissé son empreinte sur de nombreuses façades de la Ville, comme sur la palissade du Couvent des Jacobins avec ses amis Lélé, Artkor Bagdad et Deuxben. Entretien avec un artiste polyvalent et talentueux.

Comment es-tu arrivé au street-art ?

Tout simplement par la culture hip-hop. En copiant mon grand-frère qui était DJ et tagueur. En 1997, j’ai réalisé mon premier graff et en 2000, je faisais du lettrage. Puis on a créé une asso à Villejean grâce à laquelle on “obtenait” des décos à réaliser sur des festivals. Cela nous permettait de facturer et ainsi d’avoir un peu d’argent pour racheter de la peinture.

Vous avez pourtant décidé de changer de voie…

En 2002, je suis parti bosser comme cuisinier en Suisse. Ma vie a pris un tournant ! J’ai passé 15 ans à me balader dans le monde : à la Réunion, à Mayotte, au Canada, en Nouvelle-Zélande, en Guyane, à Tahiti.

Tu as arrêté la peinture durant cette période ?

Non, j’ai continué à peindre mais épisodiquement. Il n’en demeure pas moins que j’ai été imprégné par la diversité des paysages, des couleurs, des gens de mes voyages.

Tu as décidé de revenir…

Oui, il y a deux ans. Ma ville de Rennes me manquait, ma famille également. J’ai travaillé comme chef de cuisine… mais on n’est pas dans le même rythme qu’à Tahiti ! Cela ne permet pas de peindre dans les meilleures conditions. J’ai tout lâché le 1er avril 2017 et décidé de me consacrer à la peinture en me déclarant artiste-auteur. Je fais aujourd’hui de la décoration, de l’initiation, des performances et de la peinture sur toile.

Tu arrives à vivre avec ce nouveau statut ?

Ça marche assez bien. J’oscille entre le travail d’artisan et d’artiste. Un versant m’aide à financer l’autre. Il faut bien vivre. Et puis je fais des trucs assez différents. Par exemple, je m’apprête à aller sur un chantier d’une semaine pour une immense fresque murale… J’apprécie de bosser pour moi-même. Auparavant, je perdais mon énergie pour d’autres qui ne vous récompensent pas justement.

Tu peins sur toile ?

Oui, un peu, uniquement à la bombe. Mais je ne connais pas le marché de l’art. Je peins pour moi des portraits d’humains ou d’animaux.

aero art2rennes

Et le graff ?

C’est ce que j’aime le plus. Présenter une œuvre au public sur un mur, c’est le meilleur des médias.

Apprécies-tu des artistes plus particulièrement ?

J’ai été influencé dans les années 90 par Rock qui a participé à Teenage kicks. Et puis j’aime les copains avec qui j’ai collaboré.

As-tu des influences artistiques plus globales ?

Aucune influence particulière. Je suis un graffeur autodidacte. J’ai ma sensibilité. Mais je me reconnais dans le travail de Deos (calligraphie et mélange de couleurs) ou Kalouf (style figuratif bd hip hop) ou encore le travail de Sebas Velasco.

Que penses-tu de ta ville Rennes ?

Étant parti à 15 ans, je sais ce que c’est d’être séparé de sa ville natale. Ça bouge à bloc culturellement ! Je n’ai que de bons souvenirs.

La ville a-t-elle changé ?

Oui, énormément. Les spots qu’on avait à l’époque n’existent plus. L’Immobilier investit tout… Pourtant, beaucoup d’endroits mériteraient de la couleur. Mon quartier de Villejean pour ne citer que lui.

Tes projets ?

Je suis ouvert à tout. Et puis je suis assez content car deux de mes tableaux vont être sélectionnés pour être vendus aux enchères à Drouot en juin. Et peut-être que je vais exposer bientôt quelques toiles…

Aéro créaéro décograff : facebook / instragram

interview par Dragan Brkic et etiou